Acheteur consultant des documents devant un immeuble israélien

Un étranger peut-il acheter un bien en Israël ?

La question revient dans chaque premier appel : « est-ce que j’ai le droit ? ». La réponse est oui, sans condition de nationalité, de religion ni de résidence. Ce qui change pour un acheteur étranger, c’est le coût fiscal, l’accès au crédit et quelques formalités à distance. Voici l’essentiel, chiffres 2026 à l’appui.

La réponse en bref

Oui. Un étranger, quelle que soit sa nationalité et sans résider en Israël, peut acheter un appartement, une maison ou un bien commercial, l’inscrire à son nom au tabou (registre foncier) et le revendre librement. Ce qui change par rapport à un résident : une taxe d’achat de 8 % dès le premier shekel au lieu d’un barème qui démarre à 0 %, un crédit plafonné à 50 % du prix en pratique, et des formalités à distance (procuration, compte bancaire, virements justifiés). L’opération se boucle en 2 à 6 mois dans l’ancien.

Les chiffres à retenir, novembre 2026

Restriction de nationalité
Aucune
Taxe d’achat non-résident
8 %
Même taxe, résident seul logement
0 → 5 %
Crédit bancaire
≈ 50 %
Délai dans l’ancien
2–6 mois
Prix moyen national
2,33 M₪

Qui peut acheter, et quoi

Le droit israélien ne connaît pas de statut « d’acheteur étranger » qui limiterait l’accès à la propriété. Un toshav hutz (non-résident) achète avec son passeport, signe un contrat en hébreu (traduit par son avocat), et son nom est inscrit au tabou exactement comme celui d’un citoyen. Il n’y a ni autorisation préalable, ni quota, ni zone interdite aux étrangers pour le logement. Aucune condition de religion non plus : voir faut-il être juif ou citoyen israélien pour acheter.

Trois régimes de propriété existent, et l’étranger a accès aux trois :

RégimeCe que vous achetezAccès pour un étranger
Tabou privéLa pleine propriété, inscrite au registre foncierLibre
Minhal (Autorité foncière, rami)Un bail de 49 ou 98 ans renouvelable sur terre d’État, qui vaut propriété en pratiqueLibre pour un logement urbain ; conditions d’admission dans certains villages communautaires
Hevrat meshakenet (société de logement)Des droits enregistrés chez le promoteur ou une société, en attendant l’inscription au tabouLibre, vigilance sur les délais de régularisation

Un point de vocabulaire : il n’y a pas de notaire en Israël au sens français. C’est l’avocat immobilier qui vérifie le bien, rédige le contrat (heskem mechira) et enregistre la transaction. Le « notaire » israélien ne fait qu’authentifier des signatures et des traductions.

Ce que paie un étranger, et ce que paie un résident

C’est ici que le statut compte. La taxe d’achat (mas rechisha) a deux barèmes, gelés du 16 janvier 2025 au 15 janvier 2028 :

Mas rechisha 2026, logement d’habitation
Tranche de prixRésident, seul logementNon-résident ou logement supplémentaire
Jusqu’à 1 978 745 ₪0 %8 %
1 978 745 → 2 347 040 ₪3,5 %8 %
2 347 040 → 6 055 070 ₪5 %8 %
6 055 070 → 20 183 565 ₪8 %10 %
Au-delà10 %10 %

Sur un appartement à 2,5 M₪, le résident qui achète son seul logement paie environ 20 500 ₪ ; le non-résident paie 200 000 ₪. L’écart finance à lui seul la moitié d’un parking. Les autres frais (avocat 0,5 à 1 % + TVA, agence 2 % + TVA, expertise, traductions) sont identiques pour tout le monde. La réponse courte sur ce barème est dans quelle taxe d’achat pour un non-résident, et l’apport total à réunir dans quel apport faut-il pour acheter.

—Mas rechisha à payer
—Taux effectif
—Prix + taxe
Détail par tranche
TrancheTauxTaxe

Barème du 16 janvier 2025, gelé jusqu’au 15 janvier 2028 (loi d’arrangements). Le non-résident est taxé comme un acheteur de logement supplémentaire, sauf s’il devient résident israélien dans les deux ans suivant l’achat. Paiement sous 60 jours après la signature.

Vérifier mon cas avec un avocat

Deuxième différence : le crédit. Les banques prêtent aux non-résidents, mais 50 % du prix en pratique, contre 75 % pour un résident qui achète son premier logement. Un étranger citoyen israélien, ou qui prépare son alya sous deux ans, remonte à 70-75 %. Le détail est dans la page mashkanta non-résidents.

Comment ça se passe quand on n’habite pas en Israël

  1. Choisir un avocat immobilier indépendant du vendeur, avant toute offre. Il relit l’annonce, vérifie le nesach tabou (extrait du registre), les hypothèques, les dettes municipales et le permis de construire. Ne signez jamais de zikaron dvarim (pré-accord) sans lui : ce document engage.
  2. Préparer les fonds et leur traçabilité. Les banques israéliennes appliquent strictement les règles anti-blanchiment : chaque virement d’apport doit être documenté jusqu’à sa source (épargne, vente, donation).
  3. Signer le contrat, sur place ou par procuration (yipui koach) établie devant un notaire de votre pays puis apostillée, ou au consulat d’Israël. Acompte de 10 à 20 % à la signature, et inscription d’une hearat azhara (note d’avertissement) au tabou qui bloque toute autre vente.
  4. Payer selon l’échéancier, déclarer la mas rechisha sous 30 jours et la régler sous 60 jours.
  5. Prendre les clés et inscrire le bien à votre nom au tabou, ce que l’avocat fait pour vous.

La procédure complète est détaillée dans les étapes d’un achat et, pour l’angle « à distance », dans acheter depuis l’étranger. Les acheteurs de France, de Belgique et de Suisse ont une page dédiée : acheter en Israël depuis la France.

Les exceptions et les cas particuliers

  • Vous devenez résident dans les deux ans. Un non-résident qui s’installe en Israël dans les deux ans suivant l’achat peut demander à être requalifié « seul logement » et récupérer la différence de taxe. Sur 2,5 M₪, c’est près de 180 000 ₪ de remboursement.
  • Vous faites votre alya. Le barème olé (0 % jusqu’à 1 978 745 ₪ puis 0,5 % jusqu’à 6 055 070 ₪) s’applique à un achat réalisé entre un an avant et sept ans après l’alya, pour un seul logement, jusqu’au 15 janvier 2028. C’est le levier le plus puissant : il se décide avant de signer.
  • Vous êtes citoyen israélien vivant à l’étranger. Pour la taxe d’achat, c’est la résidence fiscale qui compte, pas le passeport : un Franco-Israélien vivant à Paris paie 8 % comme tout non-résident. Pour la banque en revanche, la nationalité ouvre 70-75 % de financement.
  • Le bien est en pinui-binui ou TAMA 38. Un étranger peut acheter un lot dans un projet de renouvellement urbain, avec une livraison à 3-6 ans et les garanties de la loi de vente. Voir la page dédiée.
  • Le bien est agricole ou dans un yishouv communautaire. Un comité d’admission local peut conditionner l’achat. C’est rare en ville, fréquent à la campagne.

Exemple chiffré : couple de Lyon, 4 pièces à Netanya

4 pièces neuf à Ir Yamim, 2 600 000 ₪Acheteurs non-résidents, paiement comptant pour moitié, mashkanta pour l’autre moitié
Prix2 600 000 ₪
Mas rechisha (8 %)208 000 ₪
Avocat de l’acheteur (0,75 % + TVA 18 %)≈ 23 000 ₪
Participation aux frais d’avocat du promoteur (plafond légal)≈ 6 500 ₪
Courtier mashkanta, expertise, frais bancaires≈ 18 000 ₪
Procuration, apostille, traductions, virements≈ 5 000 ₪
Coût total≈ 2 860 500 ₪ (+ 10 %)
Mashkanta 50 % sur 25 ans1 300 000 ₪ → ≈ 7 300 ₪ / mois
Fonds propres à prévoir≈ 1 560 500 ₪ (≈ 390 000 €)

Le même couple, s’il déclare une alya pour l’année suivante, paie environ 3 100 ₪ de mas rechisha au lieu de 208 000 ₪ et emprunte jusqu’à 75 %. Les fonds propres tombent à 700 000 ₪ environ. Les prix de Netanya par quartier sont sur la page Netanya.

Les pièges qui coûtent cher aux acheteurs étrangers

  • L’avocat « offert » par le promoteur ou l’agence. Il représente le vendeur. Prenez le vôtre.
  • La surface annoncée. Elle est brute (murs, balcon, quote-part des parties communes) : comptez 15 à 20 % de moins en habitable.
  • Le zikaron dvarim signé « pour bloquer le bien ». C’est un contrat. Les tribunaux le font exécuter.
  • Oublier le fisc du pays de résidence. Un résident fiscal français déclare le bien à l’IFI au-delà des seuils, et les loyers futurs dans les deux pays, avec crédit d’impôt selon la convention. La fiscalité générale est traitée sur Shekel Guide.
  • Le change. Entre la signature et le dernier versement, l’euro peut bouger de 3 à 5 %. Un contrat à terme auprès d’un courtier de change fige le coût.

La liste complète est dans pièges et checklist avant de signer, et le budget total dans tous les frais d’un achat.

Questions fréquentes

Faut-il être juif ou avoir un lien avec Israël pour acheter ?

Non. La loi israélienne n’impose aucune condition de religion, d’origine ou de nationalité pour acheter un appartement ou une maison. Un citoyen français, belge ou suisse sans aucun lien avec le pays achète dans les mêmes conditions juridiques qu’un Israélien. Seuls la taxe d’achat et le financement diffèrent.

Un étranger paie-t-il plus de taxe d’achat qu’un Israélien ?

Oui, nettement. Un résident qui achète son seul logement paie 0 % jusqu’à 1 978 745 ₪ puis 3,5 % et 5 % par tranches ; un non-résident paie 8 % dès le premier shekel jusqu’à 6 055 070 ₪, puis 10 %. Sur un bien à 2,5 M₪, c’est 200 000 ₪ contre environ 20 500 ₪.

Peut-on acheter un terrain ou une maison, pas seulement un appartement ?

Oui pour les biens en pleine propriété (tabou privé). Pour les terrains de l’État gérés par le Minhal (environ 90 % du sol), le bail de longue durée est accessible aux étrangers pour un logement, mais certains lotissements agricoles ou communautaires imposent des conditions d’admission locales. Votre avocat vérifie le régime du bien avant toute offre.

Un étranger peut-il revendre librement et rapatrier l’argent ?

Oui. La revente suit la même procédure que pour un résident, avec un impôt sur la plus-value (mas shevach) dont l’exonération « seul logement » est réservée aux résidents. Le produit de la vente se rapatrie sans contrôle des changes, après attestation fiscale et respect des règles anti-blanchiment de la banque.

Comment nous travaillons

Chaque montant, barème et taux de cette page est vérifié sur la source officielle citée en bas de page et daté. Quand un barème ou un taux change, la page est mise à jour dans les jours qui suivent. Notre méthodologie.

Sources

  1. Autorité des impôts – barème de la taxe d’achat (mas rechisha) 2025-2028
  2. Kol Zchut – droits de l’acheteur d’un logement et taxe d’achat
  3. Banque d’Israël – limites de financement des prêts au logement

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